Le rooibos, l’infusion africaine

23 Nov 2020Recettes0 commentaires

Connaissez-vous le rooibos ? On l’appelle aussi « thé rouge » à cause de la couleur de son infusion. Ce n’est pourtant pas un thé. Breuvage brun et opaque, il n’a rien non plus à voir avec le café. Ce nectar typique du terroir sud-africain puise son identité dans la terre aride des hauts plateaux et nulle part ailleurs. Boisson sans caféine, sans amertume, elle est digestive et en plus gorgée d’antioxydants. Sa saveur douce fait le bonheur de toute la famille, à tous moments de la journée. Dégustez le rooibos au gré de vos fantaisies, chaud ou froid, nature ou parfumé, grâce aux recettes gourmandes proposées ici.

Les vertus du “thé rouge”

On sait la décoction sans effets secondaires négatifs ni contre-indications. On a pu constater sa grande richesse en polyphénols, ces substances antioxydantes aux vertus anti-âge, sur la santé cardiovasculaire et l’immunité. Cependant, peu d’études sur des humains ont corroboré les effets thérapeutiques de cette boisson africaine. Ceux-ci découlent de données empiriques liées à une consommation locale depuis 300 ans. Ainsi en Afrique du Sud, le breuvage est réputé calmer les troubles digestifs, en particulier les coliques du nourrisson. En outre, au vu d’observations sur des souris, il inhibe potentiellement le développement des cancers de la peau, du foie, du sein et du côlon. En sirotant, on pourra donc profiter de quelques bienfaits bienvenus, comme : 

  • une meilleure digestion ;
  • une augmentation légère du métabolisme ;
  • un effet bronchodilatateur, via le chrysoeriol qu’il contient, pour les asthmatiques ;
  • une action diurétique ;
  • une préservation du fer de l’organisme, contrairement au thé qui le réduit ;
  • aucune action excitante, car dénué de théine ;
  • des effets apaisants sur les allergies cutanées ;
  • en application sur la peau un effet anti-allergique et cicatrisant ;
  • un effet protecteur sur les dents, grâce à la présence du fluor. De plus, il ne les jaunit pas car sans théine.

L’élaboration d’un breuvage unique au monde

Le nectar a un goût rond et suave, sur fond de vanille, de noisette et de châtaigne. Quel que soit le temps d’infusion, il n’est jamais ni amer, ni astringent. Le rooibos le plus répandu est le rooibos rouge, mais il existe aussi un rooibos vert, non fermenté, dont les feuilles sont simplement séchées au soleil. Sa tasse n’est pas rouge, mais dorée, avec une note plus fraîche et végétale.

Le buisson rouge

Le rooibos bush, qui veut dire “buisson rougeâtre”’ en afrikaans, est un arbuste buissonneux qui ressemble à un genêt :  aspalathus linearis est une légumineuse rare qui pousse en Afrique du Sud sous certaines conditions climatiques, dans un sol spécifiquement sableux et à une altitude de plus de 500 mètres. Pour cette raison, il pousse dans une zone circonscrite à la région montagneuse du Cederberg, à 200 km au nord de la ville du Cap. Là et nulle part ailleurs.

La boisson rouge

En méthode traditionnelle, on récolte les feuilles en aiguille au début de l’année, en période estivale. Après broyage par des rouleuses mécaniques, on les étale quelques heures à sécher l’extérieur. Les feuilles rougissent peu à peu. Régulièrement, on les vaporise d’eau et on les tasse, afin que l’oxydation fasse son œuvre. Pour finir, on tamise le résultat, pour ne laisser que ces fins morceaux aux couleurs fauves et ambrées qui donneront au breuvage une tasse rouge brun caractéristique, au léger effluve de vanille. Plus la couleur est prononcée, plus la liqueur sera qualitative.

L’origine du rooibos

Les traces de cette boisson remontent au XVIIe siècle par quelques indices écrits disparates (mais sa consommation est probablement plus ancienne). C’est à cette période qu’ont débarqué les premiers colons, les Afrikaners. Ils ont observé les Khoekhoe, la population locale semi-nomade, consommer la plante sauvage pour ses vertus médicinales.

Non sans s’être appropriés toutes les terres, avoir exterminé une bonne partie des Khoekhoe et embauché de force les survivants en tant qu’ouvriers agricoles, ces fermiers blancs ont poursuivi pour leur bénéfice l’exploitation du rooibos sauvage. 

Au début du XXe siècle, un marchand russe, Benjamin Ginsberg, lance la commercialisation du breuvage sous la marque (toujours en cours)  Eleven o’clock. Cette commercialisation plus la production à la même période par le Dr Nortier d’une variété domestiquée, la rockland se diffuse sur tout le territoire et prend le titre de « boisson nationale sud-africaine » . Peu à peu à partir des années 90, le rooibos se commercialise à l’international. 

Aujourd’hui, la demande explose, notamment en Europe, entraînant des difficultés environnementales et creusant des inégalités sociales.Les choses se présentent ainsi  : d’un côté, des milliers d’hectares de cultures intensives sont détenus par une minorité de fermiers blancs, héritiers des colons. Ils défrichent de façon massive et illégale, détruisant la flore locale et exploitant la main-d’œuvre. De l’autre des petits fermiers noirs et métis descendants des ouvriers agricoles regroupés en coopératives, qui cultivent sur de petits lopins (5 % des terres seulement ont été redistribuées à 91 % de cette population) ,une production certifiée biologique et commerce équitable. 

Faut-il le préciser ? Vous pouvez faire basculer l’histoire de cette merveilleuse boisson en choisissant les produits labellisés « commerce équitable » et « agriculture biologique » . Mais encore, tous les labels ne se valent pas, voici de quoi s’y retrouver.

Recettes de rooibos

La préparation du rooibos nature

Pour 1 litre de boisson, comptez 15 à 20 g de rooibos, soit 3 à 5 cuillères à soupe, pour un temps d’infusion de 2 à 10 minutes. Pour une tasse, dosez une cuillère à café. 

Avis aux puristes, la température idéale d’infusion est comprise entre 90° et 95°. Pour les non-puristes, éteignez simplement votre eau juste avant l’ébullition. 

Économique et pratique, les mêmes feuilles peuvent s’infuser 3 ou 4 fois (conservez alors au réfrigérateur) , mais elles auront probablement perdu une partie de leurs propriétés.

Des idées pour aromatiser le rooibos

  • Le rooibos est savoureux nature, mais il se marie aussi parfaitement avec les fruits : les agrumes comme l’orange ou la bergamote, les fruits rouges, l’ananas et la pomme.
  • Vous pouvez y ajouter un nuage de lait et le sucrer avec du miel ou du sucre de canne brut, comme le rapadura ou le muscovado avec lesquels il s’accorde divinement. Ou bien y plonger une cerise confite.
  • Les épices lui conviennent à merveille : cannelle, vanille, cardamome, anis étoilé, gingembre. 
  • Il s’entend bien aussi avec le chocolat, les châtaignes, la noix de coco, l’extrait d’amande, la rose, les pétales de soucis, la menthe, l’hibiscus et certainement d’autres ingrédients. Il se déguste chaud ou froid, avec du lait animal ou végétal : coco, noisette, riz.
  • Il se mélange avec bonheur avec le café, la chicorée, le thé, des jus de fruits et d’autres infusions (essayer la réglisse, le fenouil, le laurier) .
  • Agrémentez-le de caramel, de rhum, de crème fraîche ou de mascarpone.
  • Enfin, il peut aussi parfumer une soupe ou un riz au lait. Parsemez-le directement dans la pâte à crêpes (1 bonne cuillère à café pour une douzaine de crêpes) . Incorporez-le à la confection de madeleines, financiers, ou cannelés. Parfumez une salade de fruits avec un peu de son infusion corsée.

Des rooibos parfumés maison

Rooibos vanille-pomme

Dans un litre d’eau chaude, faites infuser pendant une bonne demi-heure une gousse de vanille fendue et coupée en petits tronçons pour mieux diffuser son arôme, trois cuillères à soupe de rooibos et des pommes séchées non traitées (cubes ou épluchures). Filtrez. Buvez chaud ou frais.

Chai Rooibos Latte

Chauffez dans une casserole un demi-litre de lait et un demi-litre d’eau, avec un bâton de cannelle, un clou de girofle, 5 gousses de cardamomes vertes écrasées, un petit morceau de gingembre frais haché, 5 grains de poivre, deux étoiles de badiane. Laissez mijoter 5 minutes. Ajoutez quatre cuillères à soupe de rooibos et laissez infuser un quart d’heure. Vous pouvez aussi garder la moitié du lait et fouetter pour le faire mousser. Vous le mélangez ensuite dans votre tasse remplie au 2/3… Hum, moustache blanche gourmande ! Et en plus, votre breuvage est juste à la bonne température.

Rooibos amande et rose aux épices

Chauffez 2 bâtons de cannelle concassés et une gousse de vanille fendue dans un peu d’eau. Au bout de cinq à dix minutes, versez un litre de lait d‘amande, que vous faites chauffer jusqu’à ébullition. Éteignez et ajoutez une dizaine de boutons de rose séchée (ou une cuillère à soupe d’hydrolat de rose) et trois cuillères à soupe de rooibos. Laissez infuser cinq à dix minutes à couvert et filtrez.

Rooibos glacé menthe et citron

Déposez dans un grand bocal une boule à thé, remplie de deux cuillères à soupe de rooibos. Versez dessus un litre d’eau tempérée, mettez le couvercle et laissez infuser deux à trois heures à température ambiante. Ôtez le rooibos. Plongez dans l’infusion deux citrons (auparavant bien brossés sous l’eau) coupés en rondelles, 5 tiges de menthe fraîche et trois clous de girofle. Si vous sucrez, ajoutez quelques petits morceaux d’ananas séchés. Si vous ne sucrez pas, essayez la sauge ananas. Glissez au réfrigérateur pendant deux heures. Ajoutez des glaçons au moment de servir. Vous pouvez aussi y presser un ou deux oranges.

Et pour le savourer tout au long de la journée, emportez-le dans une bouteille à infusion.

Le rooibos est un doux breuvage familial aux propriétés bénéfiques. Sachez choisir le meilleur, le préparer et l'agrémenter.

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